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	<title>Mars &#124; Semi &#124; Direct &#187; Mademoiselle Agnès</title>
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	<description>&#34;Le premier homme sur Mars sera une blonde&#34; Matsya, Mars &#124; Semi &#124; Direct</description>
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		<title>Playing among the stars</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Mar 2007 21:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matsya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[La vie, les paillettes, les emmerdes]]></category>
		<category><![CDATA[Larissa]]></category>
		<category><![CDATA[Mademoiselle Agnès]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu&#8217;on ne me dise jamais que le trac est un symptôme réservé aux grandes salles. Je m&#8217;apprête à entrer en scène devant un public minuscule, et pourtant je tremble comme une feuille. Heather achève les dernières retouches à ma coiffure. Les douze journalistes sont tous là : en entrouvrant le rideau, je peux les épier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&#8217;on ne me dise jamais que le trac est un symptôme réservé aux grandes salles. Je m&#8217;apprête à entrer en scène devant un public minuscule, et pourtant je tremble comme une feuille.</p>
<p>Heather achève les dernières retouches à ma coiffure.</p>
<p>Les douze journalistes sont tous là : en entrouvrant le rideau, je peux les épier en cachette. Ce sera la première fois qu&#8217;ils me verront de près depuis le début de ce voyage.</p>
<p>Bientôt vingt minutes qu&#8217;ils attendent mon arrivée, alanguis dans les somptueux canapés en cuir du wagon-restaurant, sirotant à la paille des petites bouteilles Pop de Pommery. Vingt minutes : ils sont juste à point, c&#8217;est maintenant qu&#8217;il faut aller les cueillir.</p>
<p>Envie de faire demi-tour. D&#8217;aller m&#8217;enfermer dans ma cabine pour faire une petite sieste. Mais là, pas question. Dans la situation où je me trouve à cet instant, dormir, c&#8217;est mourir.</p>
<p>A mon signal, le barman coupe la sono. Les discussions se calment, puis s&#8217;éteignent.</p>
<p>Silence. Obscurité. Piano. Moonlighting.</p>
<blockquote><p><em>Fly me to the moon</em><br />
<em>And let me play among the stars</em></p></blockquote>
<p>Le Ciel soit loué : il y a tout à gauche un petit groupe suffisamment bon public (et probablement suffisamment éméché) pour me faire une petite ovation. Je crois reconnaître parmi les têtes joviales la jolie frimousse bouclée de ma copine française, Mademoiselle Agnès, chroniqueuse de mode à la télévision. Les autres journalistes, plus inhibés (et, peut-être aussi, moins imbibés), suivent mollement le groupe leader dans un semi-applaudissement.</p>
<blockquote><p><em>Let me see what spring is like</em><br />
<em>On Jupiter and Mars</em></p></blockquote>
<p>Objectif : me mettre dans la poche les éléments du public qui me sont favorables. Cible : Agnès et sa bande. Je glisse dans leur direction, sans cesser de fixer Agnès. Je chante pour elle, je fais comme si j&#8217;avais envie que ce soit elle qui m&#8217;emmène dans l&#8217;espace. Elle m&#8217;envoie un baiser. Je sens la confiance monter.</p>
<blockquote><p><em>In other words hold my hand</em><br />
<em>In other words darling kisssss me</em></p></blockquote>
<p>A ce moment, je repère Zachary Cripe, du site <a href="http://www.style.com/">Style.com</a>. Zac est un garçon adorable, très talentueux&#8230; et d&#8217;une telle timidité que je suis incapable de résister au plaisir de le taquiner sitôt que j&#8217;en ai l&#8217;occasion. Je m&#8217;avance vers lui et lui tends emphatiquement ma main gantée de soie. Il devient rouge fluo. Après une demi-seconde de confusion, il se rend enfin compte que j&#8217;attends quelque chose de lui. Alors, sous les encouragements de ses collègues, Zac embrasse maladroitement ma main. Je caresse les tâches de rousseur sur sa joue en remerciement.</p>
<p>Applaudissements. Acclamations. Ca y est : il se sont décoincés. Maintenant, je les tiens.</p>
<blockquote><p><em>Fill my life with song</em><br />
<em>And let me sing forevermore</em></p></blockquote>
<p>Le piano se fait plus rythmé. Je les fais taper dans leurs mains. Ca marche : ils s&#8217;y mettent tous. A ce stade, plus de timidité qui tienne : c&#8217;est bien douze paires de mains que je vois battre en rythme.</p>
<blockquote><p><em>You are all I hope for</em><br />
<em>All I worship and adore</em></p></blockquote>
<p>Ralentissement. Je riens vers Agnès. Le projecteur se braque sur nous deux. Il n&#8217;y a plus que nous deux. Avec sa voix rocailleuse et son inénarrable accent français, elle m&#8217;accompagne en choeur sur les dernières mesures.</p>
<blockquote><p><em>In other words please be true</em><br />
<em>In other words I love you</em></p></blockquote>
<p>Main dans la main, nous saluons notre public. Lequel nous fait un véritable petit triomphe.</p>
<p>J&#8217;ai réussi mon entrée. Reste à ne pas foirer complètement l&#8217;interview qui va suivre&#8230;</p>
<p>La lumière rétablie, j&#8217;embrasse les journalistes un par un, complimentant le &laquo;&nbsp;si classe&nbsp;&raquo; chemisier Balenciaga de l&#8217;une, le foulard Stella Mc Cartney &laquo;&nbsp;top grunge&nbsp;&raquo; de l&#8217;autre. Je m&#8217;extasie devant les tatouages apparents de Nelson Rehman, le reporter de <em>Rolling Stone</em>.</p>
<p>Et, tout d&#8217;un coup, panique. Plus de robe Nicolas Ghesquière à admirer, plus de souliers Prada devant lesquels faire semblant de ma pâmer : contre toute attente, je me retrouve face à une femme vêtue le plus normalement du monde. Plus de béquille sur laquelle appuyer ma prise de contact. Un tailleur, la quarantaine sportive, une impressionnante rectitude dans le port de tête. Un splendide regard bleu, dont quelques rides microscopiques accentuent le côté perçant.</p>
<p>C&#8217;est elle. Ca ne peut être qu&#8217;elle.</p>
<p>- Larissa Melni&#8230;kov&#8230;skaia, je présume ?</p>
<p>Youpi, j&#8217;ai réussi à restituer son nom sans faire de faute ! Au moins, je n&#8217;aurai pas répété une demi-heure devant la glace pour rien&#8230;</p>
<p>- Elle-même, réplique-t-elle, sans le moindre accent, dans un anglais britannique parfait. Je vous prie de m&#8217;excuser si je ne suis pas tout à fait dans le ton du très bel événement auquel vous m&#8217;avez fait l&#8217;honneur de me convier. Le cours des affaires, ces derniers jours, ne m&#8217;a guère laissé le temps d&#8217;aller faire la séance de shopping qui s&#8217;imposait pour l&#8217;occasion. Je ne vous cacherai d&#8217;ailleurs pas que j&#8217;ai malheureusement bien peur d&#8217;être plus sensible à votre talent vocal qu&#8217;à l&#8217;extravagant accoutrement de mes chers collègues.</p>
<p>- Ne craignez rien, Larissa, vous êtes de ces beautés qui n&#8217;ont pas besoin de fanfreluches, lui dis-je, en pensant secrètement que j&#8217;aimerais bien avoir le même cul qu&#8217;elle quand j&#8217;aurai elle à son âge.</p>
<p>- Vous vous êtes lancée dans un défi immensément ambitieux, Matsya. Je vous admire beaucoup. Même si je pense que c&#8217;est du suicide. Quand partira donc le <em>vrai</em> vaisseau ?</p>
<p>Nom d&#8217;une paire de pantoufles, elle en sait plus que je ne le croyais. Beaucoup plus. Mais comment s&#8217;y prend-elle ? Elle a un superpouvoir, ou quoi ?</p>
<p>Je me ressaisis à la vitesse de l&#8217;éclair, en priant pour que personne n&#8217;ait entendu ce qu&#8217;elle vient de dire. Un doigt sur la bouche, je mets fin à la discussion en lui jetant un regard entendu. Je prie pour qu&#8217;elle comprenne que je lui donnerai l&#8217;exclu si elle ne donne aucun à ses petits collègues. Eux, semblent à mille lieux de se douter de ce qui les attend&#8230;</p>
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