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	<title>Mars &#124; Semi &#124; Direct &#187; Bouteille à la mer de Larissa</title>
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	<description>&#34;Le premier homme sur Mars sera une blonde&#34; Matsya, Mars &#124; Semi &#124; Direct</description>
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		<title>Bouteille à la Mer (7) – Avoir du pouvoir sur les hommes de pouvoir</title>
		<link>http://www.marssemidirect.com/2010/09/09/bouteille-a-la-mer-7-%e2%80%93-avoir-du-pouvoir-sur-les-hommes-de-pouvoir/</link>
		<comments>http://www.marssemidirect.com/2010/09/09/bouteille-a-la-mer-7-%e2%80%93-avoir-du-pouvoir-sur-les-hommes-de-pouvoir/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 Sep 2010 22:02:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bl4kkTul1p</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bl4kkTul1p]]></category>
		<category><![CDATA[Bouteille à la mer de Larissa]]></category>

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		<description><![CDATA[Ma chère Matsya, Sache-le : ce soir, je ne suis plus Larissa. Je suis Virginia Avril de Burcy. Virginia est lobbyiste pour l&#8217;AARST (American Association for Responsible Space Travel), une association aussi obscure que riche, regroupant les intérêts des fournisseurs de la NASA. Virginia est snob. Très snob. Virginia porte des lunettes de secrétaire munies [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma chère Matsya,</p>
<p>Sache-le : ce soir, je ne suis plus Larissa. Je suis Virginia Avril de Burcy.</p>
<p>Virginia  est lobbyiste pour l&#8217;AARST (American Association for Responsible Space  Travel), une association aussi obscure que riche, regroupant les intérêts  des fournisseurs de la NASA.</p>
<p>Virginia est snob. Très snob.</p>
<p>Virginia  porte des lunettes de secrétaire munies d&#8217;une chaînette, et un  tailleur-jupe Chanel un tout petit peu trop court, qui laisse entrevoir  le haut de ses jarretelles quand elle se baisse.</p>
<p>Virginia a un goût certain pour les hommes politiques. Peu importe leur âge, peu importe leur physique, ce qu&#8217;elle aime, c&#8217;est la stature de l&#8217;homme d&#8217;État. Et la seule chose qui l&#8217;excite, c&#8217;est de sentir qu&#8217;elle peut avoir du pouvoir sur les hommes de pouvoir.</p>
<p>Je peux te le dire : selon toute vraisemblance, notre ami Randy n&#8217;a pas été insensible aux charmes de Virginia. Une ou deux poses savamment choisies, un petit regard en coin, quelques mots susurrés à l&#8217;oreille au moment opportun, il n&#8217;en a pas fallu plus. A la suite d&#8217;un entretien qui a duré 11 minutes et 37 secondes, Randy a glissé à l&#8217;oreille de Virginia qu&#8217;il aimerait beaucoup la revoir dans d&#8217;autres circonstances, et lui a glissé dans la main la clé de sa suite au Mandarin Oriental Hotel. Rendez-vous à minuit.</p>
<p>Randy a promis à Virginia de lui faire rencontrer sa nouvelle assistante Anna. &laquo;&nbsp;Une personne délicieuse, avec qui vous vous entendrez à merveille&nbsp;&raquo;, a-t-il promis.</p>
<p>Virginia est très excitée. Quant à Larissa, elle se dit qu&#8217;elle est probablement proche du but.</p>
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		<title>Bouteille à la Mer (5) &#8211; Les yeux et les oreilles</title>
		<link>http://www.marssemidirect.com/2010/01/28/bouteille-a-la-mer-5-les-yeux-et-les-oreilles/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 20:37:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matsya</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bl4kkTul1p]]></category>
		<category><![CDATA[Bouteille à la mer de Larissa]]></category>
		<category><![CDATA[Espionnite aiguë]]></category>

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		<description><![CDATA[From: bl4kktul1p@gmx.de To: matsya@marssemidirect.com Subject: no subject Encore un coup de ceinture. Le cinquante-septième. Du côté de la boucle, bien entendu. Chaque coup déchire les chairs et produit une douleur lancinante. Si je n&#8217;ai pas accès à des soins rapidement, les blessures risquent de s&#8217;infecter. - Je vais te reposer la question, et cette fois-ci [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-361" title="Handcuffs" src="http://www.marssemidirect.com/wp-content/uploads/2010/01/Handcuffs.jpg" alt="Handcuffs" width="450" height="450" /></p>
<p><strong>From: bl4kktul1p@gmx.de<br />
</strong></p>
<p><strong>To: matsya@marssemidirect.com</strong></p>
<p><strong>Subject: no subject</strong></p>
<blockquote><p>Encore un coup de ceinture. Le cinquante-septième. Du côté de la boucle, bien entendu. Chaque coup déchire les chairs et produit une douleur lancinante. Si je n&#8217;ai pas accès à des soins rapidement, les blessures risquent de s&#8217;infecter.</p>
<blockquote><p>- Je vais te reposer la question, et cette fois-ci tu vas me répondre. Tu as été vue t&#8217;enfuir en compagnie des Escandalosas. Dans la chambre d&#8217;hôtel on a retrouvé des armes. Pour toute l&#8217;opinion publique, tu es une meurtrière et une meneuse de gang. Tu es tout ce dont notre pays veut se débarrasser. En plus, tu sais que c&#8217;est Juanita Mendoz qui t&#8217;a dénoncée. Alors n&#8217;aggrave pas ton cas et dis-moi : où se trouve la planque d&#8217;armes des Escandalosas ?</p></blockquote>
<p>Ortiz, l&#8217;inspecteur qui m&#8217;interroge, est un ancien boxeur professionnel. L&#8217;interrogatoire, c&#8217;est sa spécialité. Il est reconnu et craint dans toute la ville pour sa brutalité et son pouvoir de persuasion. Mais là, c&#8217;est perceptible, il commence à fatiguer un peu. Probablement n&#8217;a-t-il pas l&#8217;habitude qu&#8217;un interrogatoire se prolonge plus de dix heures sans avancer d&#8217;un iota, comme c&#8217;est le cas de celui-ci. Par fierté, il refuse de laisser la main à ses collègues.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs à cela qu&#8217;on reconnaît les amateurs. De vrais professionnels (j&#8217;en ai fait autrefois partie) auraient su prendre leur temps. Dans mon unité au KGB, avant même de démarrer l&#8217;interrogatoire, nous laissions le suspect croupir dans une cellule pendant trois jours, les mains attachées derrière le dos. De cette manière, celui-ci arrivait à l&#8217;interrogatoire épuisé, trempant dans sa propre urine, ce qui facilitait considérablement le travail.</p>
<p>Je décide de prendre enfin la parole, mais ce n&#8217;est pas à Ortiz que je m&#8217;adresse :</p>
<blockquote><p>- Dites, vous, au fond de la pièce, dis-je en anglais à la silhouette adipeuse en costume bleu que je vois se balancer depuis plusieurs heures déjà sur une chaise, dans la pénombre. Peut-être pourriez-vous dire la vérité à votre collègue ? Cela lui éviterait peut-être de faire des heures supplémentaires pour rien&#8230;</p>
<p>Surpris, il se redresse. Je ne m&#8217;étais pas trompée : l&#8217;homme me répond avec un fort accent texan.</p>
<p>- Oui, et quelle est-elle, la vérité ?</p>
<p>- La vérité, c&#8217;est que si je vais en prison dans ce pays, les Escandalosas me feront tuer de peur que je ne parle. Quitte à mourir, je préfère que ce soit pendant mon interrogatoire. Au moins, cela m&#8217;évitera de traîner une réputation de balance jusqu&#8217;après ma mort.</p>
<p>- Inspecteur Ortiz, voudriez-vous bien nous laisser cinq petites minutes ?</p></blockquote>
<p>Ortiz se retire en prétextant que de toute façon c&#8217;était l&#8217;heure de sa bière. L&#8217;homme approche sa chaise pour me chuchoter presque à l&#8217;oreille.</p>
<blockquote><p>- Mon nom est Joseph Barnette, et je suis agent de la CIA. Je sais qui vous êtes, Larissa, mais la police locale ne le sait pas. Si vous coopérez, je peux faire beaucoup de choses pour vous.</p>
<p>- Peut-être daignerez-vous m&#8217;éclairer sur le sens précis du terme &laquo;&nbsp;coopérer&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>- Depuis la mort de Pablo M., le pays connaît une guerre des gangs sans précédent. La presse s&#8217;en est mêlée, et la lutte contre les gangs a été promue grande cause nationale. Du coup, pour le gouvernement de ce pays, il est hors de question de laisser partir la première suspecte du grand coup de filet qu&#8217;ils sont en train de mettre en place. Cela leur coûterait probablement les prochaines élections. En revanche, si vous acceptez de témoigner contre Juanita Mendoz, nous aurons les mains libres pour vous faire partir discrètement vers les Etats-Unis sous une fausse identité&#8230;</p>
<p>- &#8230; pour me jeter en prison une fois là-bas ? Je suis recherchée par les Fédéraux, vous vous souvenez probablement.</p>
<p>- Aucun risque. Non seulement nous vous blanchirons, Larissa, mais en plus de cela, nous vous permettrons de réintégrer Mars | Semi | Direct. Nous savons vous et moi que Matsya entretient une affection toute particulière à votre égard. Elle sera ravie de vous laisser la rejoindre.</p>
<p>- Et que demanderez-vous en échange de tant de générosité ?</p>
<p>- A Washington, Mars | Semi | Direct suscite énormément de curiosité, et, je dois l&#8217;avouer, une  certaine inquiétude également. Il est devenu impératif que nous sachions comment cette organisation fonctionne de l&#8217;intérieur. Vous serez les yeux et les oreilles du gouvernement américain. Si vous faites tout ce que nous vous dirons de faire, vous ne serez jamais plus inquiétée. Dans le cas contraire, nous ne pourrons plus vous tenir à l&#8217;abri, ni de la justice, ni de vos ennemis dans les milieux de la pègre.</p>
<p>- Cela inclut-il la possibilité que vous me demandiez de saboter la mission ou de nuire à Matsya ?</p>
<p>- Sur le principe, aucun cas de figure n&#8217;est exclu. Le contenu précis des instructions qui vous seront données par nos services n&#8217;est pas encore établi à ce jour. Sachez en tout cas que vous ne nous doublerez pas. Nous avons d&#8217;autres agents infiltrés, et ceux-ci veilleront sur vous de très, très près. Une dernière chose : cette offre est à prendre ou à laisser. J&#8217;espère que vous vous rendez bien compte du pétrin dans lequel vous vous êtes fourrée.Vous n&#8217;êtes guère en position de négocier&#8230;</p>
<p>- Quand dois-je vous donner ma réponse définitive ?</p>
<p>- Mettons&#8230; dans deux heures.</p></blockquote>
<p>Il essuie son front plein de sueur et quitte la pièce en se dandinant. Ortiz revient avec une Corona à la main, et rote bruyamment avant de se remettre au travail.</p></blockquote>
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		<title>Bouteille à la Mer (4) &#8211; Traquée</title>
		<link>http://www.marssemidirect.com/2010/01/16/bouteille-a-la-mer-4-traquee/</link>
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		<pubDate>Sat, 16 Jan 2010 15:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bl4kkTul1p</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bouteille à la mer de Larissa]]></category>
		<category><![CDATA[Larissa]]></category>

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		<description><![CDATA[From: bl4kktul1p@gmx.de To: matsya@marssemidirect.com Subject: no subject Quand on a été espion, on finit par développer une sorte de sixième sens. Si est repéré, on le sent. Dans mon cas précis, je crois bien que ce n&#8217;est plus qu&#8217;une question de minutes avant que ne me fasse pincer. Je dois leur faire décidément très peur, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>From: bl4kktul1p@gmx.de</strong></p>
<p><strong>To: matsya@marssemidirect.com</strong></p>
<p><strong>Subject: no subject</strong></p>
<blockquote><p>Quand on a été espion, on finit par développer une sorte de sixième sens. Si est repéré, on le sent. Dans mon cas précis, je crois bien que ce n&#8217;est plus qu&#8217;une question de minutes avant que ne me fasse pincer.</p>
<p>Je dois leur faire décidément très peur, à en juger par le dispositif qu&#8217;ils ont déployé pour me cerner. Je compte au total une bonne dizaine de véhicules de police banalisés devant mon hôtel. Je distingue plusieurs tireurs embusqués sur le toit d&#8217;un immeuble avoisinant. J&#8217;entends le bruit d&#8217;un hélicoptère. Très vraisemblablement, ils ont bouclé tout le quartier.</p>
<p>Tenter une fuite dans ces circonstances ne serait pas seulement suicidaire ; ce serait également un total manque de classe. A ce stade, autant attendre calmement qu&#8217;ils frappent à ma porte et croiser les doigts pour qu&#8217;ils ne commettent pas de bavure. Au moins, cela me laisse au moins le temps de t&#8217;écrire ce mail&#8230;</p>
<p>Comment ont-ils pu me repérer ? Une seule solution possible : par vengeance, les Escandalosas m&#8217;ont dénoncée. Elles ont réussi à dégoter le numéro de mon faux passeport et l&#8217;ont donné à la police. Depuis mon départ de la ville de D., j&#8217;ai utilisé ce passeport plusieurs fois pour des chambres d&#8217;hôtel. Il est possible que l&#8217;un des réceptionnistes soit un informateur.</p>
<p>Pourquoi on m&#8217;aurait vendue, moi, plutôt que quelqu&#8217;un d&#8217;autre ? Pas facile à dire. Ma couverture de touriste allemande fraîchement divorcée semblait pourtant suffisamment solide, puisque plusieurs Allemands que j&#8217;ai croisés y ont cru au point de me demander en mariage. L&#8217;hypothèse la plus probable serait que les services de police aient déclenché l&#8217;état d&#8217;alerte dans tout le pays, et demandé à tous les hôtels de leur transmettre une copie de chaque passeport allemand qui entrait en leur possession. Cela doit représenter un travail gigantesque pour eux. Jamais je n&#8217;aurais pensé mériter tant d&#8217;honneurs.</p>
<p>Une chose est certaine, en tout cas : ils n&#8217;intercepteront pas ce message. Dès que je te l&#8217;aurai envoyé (sous forme cryptée, bien sûr), je formaterai mon disque dur. Rien ne leur permettra de remonter jusqu&#8217;à toi. Peut-être m&#8217;attraperont-ils, mais toutes les précautions sont prises pour qu&#8217;il ne t&#8217;arrive rien, à toi.</p>
<p>Toutes les pensées vont vers toi.</p>
<p>Ta Tulipe Noire.</p></blockquote>
]]></content:encoded>
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		<title>Bouteille à la mer (3)</title>
		<link>http://www.marssemidirect.com/2009/12/24/bouteille-a-la-mer-3/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 01:27:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bl4kkTul1p</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bl4kkTul1p]]></category>
		<category><![CDATA[Bouteille à la mer de Larissa]]></category>

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		<description><![CDATA[From: bl4kktul1p@gmx.de To: matsya@marssemidirect.com Subject: no subject Matsya, Tu ne recevras pas ce message tant que je resterai en vie. Si jamais tu le lis un jour, j&#8217;espère que tu sauras comprendre, et ne pas m&#8217;en vouloir. J&#8217;aurais pu escamoter certains détails qui ne manqueront pas de t&#8217;agacer, mais cela m&#8217;aurait donné le sentiment de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-293" title="gang_maras" src="http://www.marssemidirect.com/wp-content/uploads/2009/12/gang_maras3.jpg" alt="gang_maras" width="320" height="480" /></p>
<p><strong>From: bl4kktul1p@gmx.de</strong></p>
<p><strong>To: matsya@marssemidirect.com</strong></p>
<p><strong>Subject: no subject</strong></p>
<blockquote><p>Matsya,</p>
<p>Tu ne recevras pas ce message tant que je resterai en vie. Si jamais tu le lis un jour, j&#8217;espère que tu sauras comprendre, et ne pas m&#8217;en vouloir. J&#8217;aurais pu escamoter certains détails qui ne manqueront pas de t&#8217;agacer, mais cela m&#8217;aurait donné le sentiment de ne pas te respecter en tant que personne. Je prends donc le risque de tout te dire.</p>
<p>Les Escandalosas sont devenues ma nouvelle famille. Je les entraîne au maniement des armes, je leur enseigne les techniques de furtivité et d&#8217;assassinat que j&#8217;ai apprises au KGB. En échange, elles m&#8217;offrent une couchette dans leur squat, une place à leur table, et elles me cachent de la police. Les filles m&#8217;adorent et me font confiance.</p>
<p>Juanita me couve d&#8217;un amour presque maternel. Elle me dorlote, elle me dit que je suis belle, elle promet de &#8216;fracasser la <em>cabeza&#8217;</em><em> </em>à quiconque me voudrait du mal. Cela te semblera probablement un peu naïf, mais jamais je n&#8217;aurais imaginé que c&#8217;était si bon, de se sentir protégée.</p>
<p>Une partie de moi n&#8217;a qu&#8217;un seul désir : passer le restant de ma vie avec les Escandalosas. En effet, tu le sais, chaque être humain a en lui un instinct extrêmement puissant qui le pousse à vouloir être accepté des autres et à se sentir aimé. Aux Etats-Unis et au Kazakhstan, je ne suis qu&#8217;une fugitive. Ici, j&#8217;ai un statut, j&#8217;ai des amitiés sincères, je suis respectée.</p>
<p>Cela n&#8217;a donc pas été facile, mais ma décision est prise. J&#8217;ai dans ma poche 5000$ et un faux passeport. Ma place est avec toi.</p>
<p>Demain matin, en m&#8217;apportant mon petit-déjeuner, Juanita découvrira ma couchette vide. Il ne me reste qu&#8217;à espérer que je ne la croiserai plus jamais de ma vie. Car ce qu&#8217;il faut savoir sur les gangs de ce pays, c&#8217;est qu&#8217;ils sont des familles particulièrement possessives, où la désertion est le plus souvent punie de mort.</p></blockquote>
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		<item>
		<title>Bouteille à la mer (2)</title>
		<link>http://www.marssemidirect.com/2009/12/11/bouteille-a-la-mer-2/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 21:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bl4kkTul1p</dc:creator>
				<category><![CDATA[Barrio Azteca]]></category>
		<category><![CDATA[Bl4kkTul1p]]></category>
		<category><![CDATA[Bouteille à la mer de Larissa]]></category>
		<category><![CDATA[Larissa]]></category>

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		<description><![CDATA[From: bl4kktul1p@gmx.de To: matsya@marssemidirect.com Subject: no subject Ma belle Matsya, Je ne dois ma survie qu&#8217;à un miracle. Ce miracle s&#8217;appelle Juanita. Dans mon dernier mail, je te faisais part de mes doutes concernant le patron du cybercafé d&#8217;où je t&#8217;écrivais. Je craignais qu&#8217;il ne m&#8217;ait vendue au Barrio Azteca. Mes soupçons se sont avérés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-262" title="mara_salvatrucha_isabel_munoz" src="http://www.marssemidirect.com/wp-content/uploads/2009/12/6a00d8341c630a53ef010535c4f28a970b-800wi.jpg" alt="Gangster, par Isabelle Muñoz" width="347" height="480" /></p>
<p><strong>From: bl4kktul1p@gmx.de<br />
</strong></p>
<p><strong>To: matsya@marssemidirect.com</strong></p>
<p><strong>Subject: no subject</strong></p>
<blockquote><p>Ma belle Matsya,</p>
<p>Je ne dois ma survie qu&#8217;à un miracle. Ce miracle s&#8217;appelle Juanita.</p>
<p>Dans mon dernier mail, je te faisais part de mes doutes concernant le patron du cybercafé d&#8217;où je t&#8217;écrivais. Je craignais qu&#8217;il ne m&#8217;ait vendue au Barrio Azteca. Mes soupçons se sont avérés justifiés. C&#8217;était couru d&#8217;avance : quelques secondes à peine après avoir fini mon mail, une dizaine d&#8217;hommes de main ont fait irruption dans la salle, avec suffisamment d&#8217;armes sur eux pour faire sauter la moitié de la ville.</p>
<p>Comme tu peux l&#8217;imaginer, j&#8217;avais prévu cette éventualité et je m&#8217;étais positionnée près d&#8217;une porte. Avant même qu&#8217;ils n&#8217;aient eu le temps d&#8217;ouvrir le feu, j&#8217;avais déjà réussi à m&#8217;échapper par la cour intérieure. Ils ont eu beau cribler de balles tout le bâtiment, il était déjà trop tard : j&#8217;étais hors de portée, dans une ruelle adjacente, en train de forcer le contact d&#8217;une vieille Lada (Russie oblige, je connais ces véhicules par coeur et je suis capable de les faire démarrer sans la clé en l&#8217;espace de quelques secondes).</p>
<p>J&#8217;ai bien cru que j&#8217;allais pouvoir m&#8217;en tirer comme ça, mais une bande de gamins des rues m&#8217;a reconnue et m&#8217;a tout de suite dénoncée au gang. Quelques secondes plus tard, deux gros pickups noirs décorés avec un spectaculaire mauvais goût se lançaient à mes trousses. J&#8217;ai eu beau griller les feux rouges, rouler sur les trottoirs et conduire à contresens, mes chances étaient infimes de toute façon. Après quelques minutes de poursuite et pas mal de petites frayeurs, la Lada était réduite en charpie sous leur puissance de feu. J&#8217;étais à leur merci.</p>
<p>C&#8217;est à cet instant que les Escandalosas (&#8216;les Scandaleuses&#8217;) ont fait leur entrée. Un coup de bazooka, et le premier pickup partait en fumée. Un camion-benne déboulant à pleine vitesse, et c&#8217;était au tour de l&#8217;autre pickup de finir fracassé contre un mur, toutes ses vitres éclatant sous le choc. Les quelques survivants valides ne se sont pas battus bien longtemps : de tous les côtés sont subitement apparues des filles (oui, des filles !) armées, qui les canardaient avec autant d&#8217;entrain que si c&#8217;était l&#8217;ouverture de la chasse. La plupart arboraient des tatouages. Toutes portaient le bandana blanc de leur gang.</p>
<p>Le plomb fusait dans tous les sens en atteignant rarement la cible, mais peu importe si les Escandalosas manquaient d&#8217;expertise dans le maniement des armes. L&#8217;effet de suprise était tel, et le vacarme était si effrayant, que les gros bras du Barrio Azteca ont déguerpi sans demander leur reste.</p>
<p>Pour ma part, je m&#8217;apprêtais à filer à l&#8217;anglaise moi aussi. J&#8217;avais déjà eu suffisamment d&#8217;ennuis, et ma seule hâte était de déserter cette ville et de ne plus jamais y revenir. Cependant, une figure imposante armée d&#8217;un shotgun à canon scié me barrait la seule route de sortie.</p>
<blockquote><p>- Dis donc, beauté, tu croyais que tu allais où comme ça ? Allez, ne fais pas ta biche apeurée, viens donc voir Maman Juanita.</p></blockquote>
<p>Avec autant de fusils braqués sur moi, je pouvais difficilement refuser. Je m&#8217;approchais.</p>
<blockquote><p>- Et tu vas essayer de me faire croire que c&#8217;est avec ces petits bras délicats et ces mains de princesse que tu aurais descendu ce <em>hijo de puta</em> de Pablo ? A d&#8217;autres ! Moi je dirais plutôt que tu lui as arraché les <em>cojones </em>par surprise pendant que tu lui taillais une bonne petite pipe&#8230;</p></blockquote>
<p>Juanita mesure pas loin de deux mètres, et, vu sa largeur d&#8217;épaules, elle aurait certainement été de taille à lutter avec Pablo, voire à lui arracher n&#8217;importe quelle partie du corps à mains nues.</p>
<blockquote><p>- Mettons que, tout comme toi, Pablo a sous-estimé le pouvoir de mes petits doigts de fée, lui dis-je avec un regard plein de sous-entendus.</p>
<p>- Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils savent donc faire de si spécial, ces jolis doigts ? demande-t-elle en me prenant mes mains dans les siennes avec une délicatesse dont je ne l&#8217;aurais pas cru capable.</p></blockquote>
<p>A ce moment, je me libère brusquement, et je profite qu&#8217;elle ait lâché son fusil pour m&#8217;en emparer. Je la tiens en joue en me plaçant derrière elle, de manière que ses comparses ne puissent pas m&#8217;atteindre.</p>
<blockquote><p>- Ces doigts savent appuyer sur une détente quand ils en ont besoin, et c&#8217;est tout ce que tu sauras d&#8217;eux pour le moment ! Alors maintenant tu va dire à tout ton petit harem de lâcher gentiment leurs flingues par terre, et tout se passera bien.</p></blockquote>
<p>J&#8217;entends des sirènes de police. Elle saisit l&#8217;occasion :</p>
<blockquote><p>- D&#8217;après toi, poupée, elle serait de combien, ton espérance de vie en prison, avec tout le Barrio Azteca courant après tes sublimes petites fesses ? Une, deux nuits ? Après ça, il y aura bien une fille pour te filer un petit coup de canif pendant ton sommeil et empocher la récompense. Personne ne te défendra. Tout le monde a tellement peur des représailles du Barrio que même les corbeaux auront trop les foies pour assister à ton enterrement. Il faut te faire à l&#8217;évidence : ta seule alliée, c&#8217;est moi. Allez, viens, on va bien s&#8217;amuser. Tu verras : avec les Escandalosas, c&#8217;est la belle vie, la vraie&#8230;</p></blockquote>
<p>Sans même attendre ma réponse, ni même se préoccuper de savoir si je la menaçais encore avec le fusil, elle m&#8217;a saisie par la taille et m&#8217;a soulevée de terre. C&#8217;est ainsi que je suis devenue une Escandalosa.</p></blockquote>
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