Je me suis absentée quelques minutes dans la ‘powder room’ pour t’écrire rapidement ce mail. Nous sommes dans une immense suite de 261m² au neuvième étage. Il n’y a que trois personnes : Randy St John, Anna (sa secrétaire) et moi. Le champagne coule à flots et l’ambiance est joviale, voire un peu coquine. J’ai bricolé une caméra d’espionnage de fortune en utilisant un Flip Camcorder et en pratiquant un trou dans mon sac Marc Jacobs. Avec ça, si tout se passe bien, je devrais pouvoir recueillir au moins 60 minutes d’images. Pour être certaine d’avoir quelque chose à filmer, j’ai discrètement versé un peu de poudre de citrate de sildénafil dans le verre du vieux sénateur…
Pour l’instant, cependant, ma principale inquiétude n’est pas St John, mais Anna. Comme l’avait promis son patron, je m’entends très bien avec elle, bien qu’elle soit beaucoup plus jeune que moi. Comme je m’en doutais un peu, Anna est une sublime fashionista d’un mètre quatre vingts, qui s’envoie un rail de cocaïne tous les quarts d’heure au frais de son sugar daddy le sénateur St John.
Le problème avec Anna, c’est qu’elle prétend être autrichienne, mais qu’elle est en réalité russe. Je l’ai démasquée dès le premier coup d’œil. Facile, quand on est soi-même russe. D’ailleurs, il est tout à fait possible qu’elle m’ait démasquée elle aussi… même si elle parvient magnifiquement à faire mine de rien.
Si c’est une pro, pour qui travaille-t-elle ? Pas facile à dire. Il y a des taupes russes partout maintenant, plus seulement dans les services secrets russes. Elle pourrait très bien être à la solde des ennemis politiques de St John, ou encore de n’importe quelle puissance étrangère.
Une seule chose est certaine : je dois me tenir sur mes gardes. Boire le moins possible, pour rester lucide. Rester sociable et souriante, tout en veillant à chaque instant à ne pas me faire piéger. Surtout, ne pas me laisser attacher les mains. Refuser (gracieusement si possible) de me mettre dans des postures où je pourrais me retrouver vulnérable.
Plus facile à dire qu’à faire, sachant que la seule envie de Randy serait qu’il se passe quelque chose entre Anna et moi ce soir, de manière qu’il puisse se délecter du spectacle. Il a déjà fait plusieurs allusions à cela depuis le début de la soirée, et j’avais dès notre premier rendez-vous l’impression qu’il ne rêvait que de cela. Or, si je tiens à le mettre en confiance pour que lui-même se dévoile, j’ai tout intérêt à entrer dans ce jeu, ou tout au moins à faire semblant. Il me faudra le faire sans me mettre en danger.
D’ailleurs, il va être temps de passer à l’exécution : Randy m’appelle de sa voix rauque de vieillard vicieux et aviné. Il paraît que, vu que j’étais absente, ce sera moi qui aurai le premier gage. Et qu’ils ont voté à l’unanimité pour une fessée. Anna glousse à chacune de ses paroles.
Selon toute vraisemblance, il y aura de la matière à filmer ce soir… Prions seulement pour que ma caméra fonctionne bien.
Ca nous rapproche plus de la lune que de Mars tout ça !
Si jamais ta caméra ne marche pas, je te prete la mienne, yaka demander !
Normal qu’avant de s’envoyer en l’air on passe par le soft core de sex and the city
où les femmes se fabriquent un monde cruel !
[...] à Washington D.C. semblait pourtant avoir plutôt pas mal commencé. Larissa m’avait envoyé un long mail en début de soirée. Tout était sur les rails. Notre poisson, Randy St John, semblait prêt à [...]