Dimanche – 10:02 am
Avant, le dimanche matin, je faisais la grasse mat’. Ou bien je brunchais en terrasse à grands renforts d’oeufs brouillés et de bloody mary (très efficace, le bloody mary, pour faire passer le gueule de bois). Maintenant, grâce à MarsNeedsHeroes, je passe mon dimanche matin à la piscine.
Mais pour quoi faire, me demanderez-vous ? Réponse : pour m’entraîner à faire des manoeuvres en combinaison spatiale.
Mission du jour : monter et démonter intégralement un panneau solaire.
Seule bonne nouvelle : Adam est mon back-up sur cet exercice.
J’aimerais bien lui exprimer toute ma gratitude pour avoir tiré Larissa des griffes des espions russes, mais c’est hors de question. En effet, vu que tout est intégralement filmé, évoquer trop ouvertement l’épisode de notre fuite hors d’Alaska pourrait éveiller les soupçons. Pendant l’enfilage des combis, je me contente d’un regard entendu. Pas besoin de plus, on s’est compris.
3, 2, 1, top départ ! Pour le démontage, je me débrouille plutôt pas mal. Mais à la 11ème minute, alors que je le remontage est presque achevé, mon panneau solaire se met à chuter lentement vers le fond de la piscine. Je suis blonde, il fallait bien que je commette une bourde à un moment ou à un autre, n’est-ce pas ? Je tente de le retenir, mais mes gants sont trop gros et mes mains trop faibles. L’objet, qui pèse pas loin de cent kilos, glisse hors de mon contrôle.
Heureusement, Adam est derrière moi. D’extrême justesse, il parvient à soutenir le panneau. Rapidement, je le le remets en place. Dix-neuf secondes plus tard, tout est bien vissé, l’affaire est dans le sac.
Je lui parle par la radio qui nous sert à communiquer lorsque nous portons nos combis :
- Adam Grace, tu portes décidément bien ton nom : tu viens de me sauver la mise pour la seconde fois. Grâce à toi on remporte la palme des super bricolos de l’espace !
Modeste, il réplique avec sa voix grave :
- Il faut remercier Dieu : c’est lui qui m’a placé ici au bon moment.
- Oui, mon petit Adam, je le sais : tu es mon ange gardien venu du ciel. Pour la peine, tu as bien mérité un petit bisou ! Allez, ne fais pas ton timide !
Je lui saute au cou avec mon gros scaphandre de bibendum Michelin, et je fais mine de l’embrasser sur la joue (à travers mon casque, en plus, c’est rudement sensuel…). Ca amuse beaucoup le cameraman sous-marin, qui zoome sur nous, et pointe le pouce en l’air pour nous signifier qu’on est en train de faire grimper l’audimat. On prend la pose. Je fais la pin-up en combi spatiale, lui me soulève dans ses bras (facile, en gravité zéro !).
On fait une bonne équipe, tous les deux. On ferait peut-être même un bien joli couple, lui et moi. Un peu façon Seal et Heidi Klum, mais lui en plus sage et moi en moins cruche. D’ailleurs, avec son petit look d’intello et ses airs de ne pas y toucher, il est quand même…
Stop, pause.
Halte aux mauvaises pensées. A peine quelques jours sans Larissa, et je suis déjà à ce point en manque d’amour que me fantasme avec quelqu’un d’autre ? Oh, la sale petite traînée que je suis !
Il faut que je fasse preuve d’un peu plus de retenue, à l’avenir. Je dois ça à Larissa.
Il reste encore une trace de rouge à lèvres à l’intérieur de mon casque. Soupir…


Ceux qui ne peuvent jouir d’un bonheur quand il vient, ne devrait pas se plaindre quand il passe » (c’est une citation de cervantès, l’auteur de Don Quichotte)