MarsNeedsHeroes (jour 12) – Nigerian Connection
Par Matsya

[note préalable : désolée les amis, je me suis encore fait spammer. Que les abonnés à la mailing list ayant reçu hier un message proposant de leur vendre des pilotes de carte son veuillent bien m'excuser : je ne suis pour rien dans ce truc. Et d'ailleurs, si quelqu'un d'entre vous a une idée de comment de débarrasser de ce genre de boulets, qu'il (ou elle) me le fasse savoir : ce serait rendre un fier service à tous les abonnés de ce site et à moi. Promis, je l'emmènerai sur Mars avec moi !!! Par avance merci. M.]

Vendredi – 9:30 pm

Je grimpe dans le van aux vitres fumées. Adam est au volant, mais il n’est pas tout seul. Il y également Issac, Shakale, Usen et Lawren. Cinq beaux blacks pour moi toute seule, chanceuse que je suis… D’où il les sort ? De sa société secrète nigériane, qui apparemment est tellement puissante qu’elle étend ses racines jusqu’en Alaska. Grâce à ces gusses, on va libérer Larissa. Tout ce que j’espère, c’est qu’elle ne sera pas trop jalouse quand elle les verra. Ou bien qu’elle ne s’avisera pas de repartir avec l’un d’entre eux… Allez, trève de fantasmes : il faut que je me démaquille.

Vendredi – 9:42 pm

La route est totalement déserte. Tout Anchorage est en train de regarder le concert, retransmis en live sur la TV locale. De toute évidence, Yolanda se débrouille comme une déesse : tout le monde y croit. Il est grand temps que je me barre sur Mars, vu qu’on peut me remplacer aussi facilement.

Vendredi – 9:51 pm

Les gars m’attendent dans la voiture. Il faut que je fasse vite, car le timing est hyper-serré. J’ai sur moi une corde, des mousquetons et deux baudriers. Ils nous serviront, à Larissa et à moi, à descendre en rappel de sa chambre. Quand je pense à la dernière fois que j’ai essayé de faire du rappel (le prof a été obligé de me secourir au beau milieu de la paroi), ça me rassure modérément… mais que ne ferais-je pas par amour ?

Les doubles portes vitrées de l’hôpital s’ouvrent. C’est parti. Etant donné qu’il est difficile de rester inaperçue quand on passe à l’antenne une fois toutes les 17 secondes, je me suis déguisée en brune. La réceptionniste a les yeux rivés sur son poste de télévision, et me voit à peine passer. Personne dans les couloirs. Pour évitée d’être reconnue dans l’ascenseur, j’emprunte l’escalier de service jusqu’au troisième étage. Reste à passer Gordon, le policier de garde.

Pour lui, j’ai mis au point un stratagème spécial : je lui ai promis une spéciale dédicace lors de la dernière chanson. Ce qui l’obligera, si tout se passe bien, à se déplacer jusqu’au poste de télévision situé dans la salle des infirmières, au bout du couloir.

Vendredi – 9:55 pm

J’allume mon iPhone en fonction TV pour voir où en est le concert. Ca rame, ça rame… voilà : Yolanda est pile en train d’entamer le speech qui précède le dernier titre. Je la vois remuer les lèvres, parfaitement synchrone avec le texte que j’avais pré-enregistré pour elle.

« Je voudrais dédier cette chanson à tous les policiers d’Anchorage, dont je tiens à saluer le courage, bla, bla, bla, et avec une mention toute spéciale pour Gordon, qui est mon chouchou entre tous. Gordon, si tu m’entends, etc. »

Des pas précipités dans le couloir, des cris de joie : c’est Gordon qui connaît son petit quart d’heure de gloire auprès de infirmières et de sa femme. Vérification : la chaise devant la chambre est vide. Go.

Larissa semble heureuse de me voir, mais pas le moins du monde surprise. Se doutant de quelque coup tordu de ma part, elle a même enfilé sa doudoune et préparé son sac. Baiser torride.

Vendredi – 9:58 pm

Larissa saute de la corde avec une grâce féline, puis m’aide à descendre. Nous nous trouvons dans un passage en contrebas de l’immeuble. Il ne nous reste plus qu’à rejoindre la voiture avant que la présence de la corde ne nous fasse repérer. Cependant, à peine avons-nous fait quelques pas que deux silhouettes imposantes nous barrent la route. Demi-tour. Deux autres silhouettes face à nous, dont une féminine. Bogdana.

J’ai été bien stupide de supposer que celle-là resterait scotchée devant la télé comme une bécasse. Peut-être que j’aurais dû lui faire le coup de la spéciale-dédicace à elle aussi ?

(à suivre)

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6 Responses to “MarsNeedsHeroes (jour 12) – Nigerian Connection”

  1. Commentaire by Fifi — mai 7, 2009 @ 1:17

    « j’aime qu’on laisse un commentaire »: moi aussi !
    :-)

    la suite……….

  2. Commentaire by Fifi — mai 9, 2009 @ 1:07

    Bonne continuation Matsya !
    Peut-être que des séquences plus courtes seraient plus faciles à aborder pour le lecteur (trice)
    :-)
    Bisous de bon week-end !

  3. Commentaire by Matsya — mai 9, 2009 @ 3:28

    Fifi > You are *so* right! Il fut d’ailleurs un temps où j’arrivais à faire plus court… mais avec le temps je suis devenue bavarde comme une pie. J’essaie de me soigner, mais pour l’instant rien n’y fait.

    « Fifi suggested that I go to rehab, and I said no, no, no » :)

  4. Commentaire by Rodrigo — mai 11, 2009 @ 12:28

    Matsya, n’écoute pas les lecteurs(lectrices)asservi(e)s par le culte de l’image et la débandade textuelle… tes posts sont tops et je stresse à chaque clic avec une furieuse envie d’en savoir plus… du fin fond de la salle d’entraînement du Pr. Sergueiev, je n’ai d’autres regards sur le monde extérieur que celui que tu m’offres, et même moi, à bac -4, j’arrive à te lire jusqu’au bout soooo… By the way je crois bien que je vais gicler et que je ne ferai jamais parti de la Mission to Mars. Trop fake musclo gonflette qu’y disent. J’déprime comme un phoque au Texas atteint de la Grippe A. Baisers torrides. Ton plus grand fan.

  5. Commentaire by Matsya — mai 12, 2009 @ 10:21

    Rodrigo > Si je me souviens bien du sort que tu as réservé au dernier mec qui t’avait traité de phoque, j’en déduis que tu dois effectivement être au fond du fond du fond du gouffre pour t’auto-infliger cette insulte… Mais tu me manquais et ça fait plaisir d’avoir de tes nouvelles, fussent-elles calamiteuses :)

    Bises et à très bientôt j’espère. Je sais que tu sortiras de l’ornière…

    Ta M.

  6. Commentaire by Loki — juillet 21, 2010 @ 1:32

    (avec seulement un an et demi de retard)
    Moi j’aime bien comme longueur. Je pense pas que ce soit utile de découper plus…

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