MarsNeedsHeroes (Jour 8) – Blonde + Hélico + Tempête de Neige = ?
Par Matsya

Lundi – 5:54 am

Crash en hélico. On a bien cru qu’on allait tous mourir.

Je vous JURE que ce n’était pas ma faute.

Oui, c’est moi qui étais aux commandes (pour impressionner mon ami Karl Lagerfeld, j’ai insisté pour piloter moi-même)… mais ça n’a rien à voir. En effet, Lonnie lui-même, qui pilote tous les jours ce Bell 427, n’a pas arrêté de me faire des compliments sur ma technique. Certes, les mauvaises langues pourront prétendre que Lonnie a dit ça parce qu’il est fou amoureux de moi. D’ailleurs, à en juger par l’envahissante odeur de déo Axe qui empuantit l’appareil, j’aurais tendance à leur donner raison.

Cela dit, je défie quiconque de parvenir à tenir un hélico stable dans une tempête de neige comme celle qui nous a pris par surprise alors que nous étions à l’approche de notre point d’atterissage sur le Mont Spurr, 3374 m d’altitude. Le temps était nickel, la météo n’annonçait rien de bien méchant, quand, au détour de la face nord, un gros nuage vraiment pas gentil nous est tombé dessus. En tentant de faire demi-tour, j’ai été déportée violemment par une bourrasque de vent. Une pale du rotor a heurté un flanc de montagne.

Par miracle, j’ai réussi à poser in extremis l’appareil quelques centaines de mètres en contrebas. Apparemment, personne n’est blessé.

L’atmosphère n’est pas à la fête pour autant. Il fait nuit. On ne sait pas où on est. Il fait -22°C dehors. On n’y voit pas à trois mètres, même avec le gros projecteur de l’hélico. Quand à l’appareil lui-même, il est posé tout de traviole. On le dirait prêt à se casser la figure d’une seconde à l’autre.

Bon point tout de même : la radio semble encore en état de marche, même si la tempête de neige et la proximité de la montagne brouillent considérablement le signal. De plus, le moteur de l’hélico fonctionne toujours, ce qui nous permet d’attendre douillettement au chaud l’arrivée des secours.

Alors que Karl et son assistante Nathalie peinent à se remettre de ce qui fut sans aucun doute la trouille de leur vie, Dick, Adam, Lonnie et moi ne perdons même pas une seule seconde à épiloguer sur ce qui s’est passé, et nous nous concertons sur la marche à suivre. En moins d’une minute, les rôles sont répartis : pendant que Dick et Lonnie vont s’occuper de sécuriser l’appareil à l’aide de câbles et des cordes d’escalade de manière à l’empêcher de tomber, Adam et moi nous occupons de faire le point sur notre position avec le GPS pour mieux pouvoir alerter les secours dès que nous réussirons à joindre quelqu’un. (Lonnie dehors ? Très bonne idée : ça permettra à ce gros porc suintant d’arrêter de me coller pendant au moins quelques secondes…)

Cependant, au moment précis où Dick d’apprête à ouvrir la portière, Karl pousse un cri aigu et se met à bafouiller dans toutes les langues en se ventilant le visage de la main.

- Je l’ai vu ! Il allait par là, dit-il en montrant la direction du contrebas. Une… une chose, un animal !

- Certainement un bouquetin, dit Lonnie. Il y en a pas mal dans le coin.

- Vous avez eu de la chance, Karl, renchérit Dick non sans une certaine ironie. Habituellement ces bêtes sont farouches et ne s’observent guère qu’à la jumelle. Ne vous avais-je pas dit que la nature en Alaska était stupéfiante ?

Nouveau cri : cette fois, c’est Nathalie. Elle se retourne vers nous la main sur la bouche, avec les yeux d’une enfant honteuse d’avoir eu peur.

- Je crois que je viens d’en voir un de l’autre côté moi aussi, dit-elle d’une voix timide.

- AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!

Là, c’était moi. J’ai crié plus fort que Karl et Nathalie réunis. Ils étaient là, avec leurs grosses cornes, dans le faisceau du spot de l’hélico. Ils étaient trois. Eux aussi couraient en contrebas.

- Tout cela ne me dit rien qui vaille, s’inquiète Lonnie. Dick a raison : normalement ces bouquetins ne devraient pas s’approcher de l’hélico. D’habitude, quand ils fuient en masse comme ça, c’est soit à cause d’un incendie, soit à cause d’une éruption.

- Une éruption ?

Ah oui, c’est vrai, je ne vous l’avais pas encore dit : le Mont Spurr n’est pas une montagne ordinaire. C’est un volcan…

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2 Responses to “MarsNeedsHeroes (Jour 8) – Blonde + Hélico + Tempête de Neige = ?”

  1. Commentaire by woot — décembre 2, 2008 @ 4:20

    La suite!!

    A part ça j’aime beaucoup lire ce blog, bien que je ne regarde pas l’émission, humour et auto-dérision sont au rendez-vous: j’adore.

    Bonne continuation et bon courage pour l’émission.

  2. Commentaire by Matsya — décembre 3, 2008 @ 1:47

    Arrrrghhhh !!! J’y travaille, j’y travaille !!!

    En tout ca merci pour ton commentaire, ça fait vraiment plaisir.

    Bises et à bientôt j’espère

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