
Retour à la réalité : il FAUT que je vous raconte comment s’est passée cette semaine d’entraînement. Vous verrez, c’est pas triste…
Pardonnez-moi le style télégraphique : il y a un paquet de choses à raconter, et le temps presse avant que je ne doive reprendre l’hélico pour San Jose (de toute façon, probablement êtes-vous dans le speed vous aussi, donc tout va bien).
Dimanche – 6:45 am
Footing, parcours du combattant chronométré, étirements (avec tout ce sport, je suis en train de me sculpter un cul de déesse, moi… Attendez un peu, et vous allez voir ce que vous allez voir !)
Dimanche – 10:30 am
Escalade : grimpette et initiation à la descente en rappel avec cordes, baudriers et tout le tintouin (pourquoi cela ? Mystère et boule de gomme. A force de subir les lubies du Pr. Sergueiev, vous savez, on ne pose même plus la question…).
Constat : je suis une super-méga flippette sur la paroi. Je suis sujette à d’horribles crises de vertige. A un moment, en grimpant le mur d’escalade, je me suis retrouvée complètement paralysée, je ne pouvais plus rien faire. J’ai bien cru que j’allais faire pipi dans ma culotte. Affreux, affreux, affreux. Heureusement, l’instructeur a su prononcer quelques paroles rassurantes, et j’ai finalement pu achever mon ascension.
Une fois redescendue, je me suis effondrée en larmes dans ses bras. Pour le plus grand plaisir des cameramen de MTV, qui n’auraient manqué pour rien au monde cette énième occasion de me faire passer pour la blonde empotée que je sais parfois si bien être.
Dimanche – 1:30 pm
Rassemblement de tous les candidats sur le tarmac. Le Pr. Sergueiev annonce les résultats pour la première semaine de sélection.
Un carnage : 17 éliminations, 5 abandons volontaires et 4 arrêts pour blessure, ce qui laisse 84 concurrents dans la course. Larissa, repêchée in-extremis suite à une irrégularité supposée lors de l’épreuve de natation avec combinaison, arrive première au classement féminin. Dick arrive dans les cinq premières places chez les hommes (quoique derrière Larissa au classement général), avec la meilleure note de toute la promo en pilotage.
Quant à moi, je suis hors compétition… mais on me fait savoir discrètement que ma note au test d’astrophysique générale aurait été à deux doigts de me faire recaler. Là, je crois que j’ai un peu la pression…
Dimanche – 3:00 pm
Atterrissage du jet privé de Karl Lagerfeld. Avec lui : un assistant pour noter ses idées, un assistant pour sa garde-robe, une assistante pour son maquillage et sa coiffure, une assistante pour ses rendez-vous, et Nathalie, qui l’assiste pour tout le reste.
Quand Karl a besoin de quelque chose, Karl tend la main. Immédiatement, un des assistants, comme lisant dans ses pensées, exécute la volonté de Karl. Les rares fois où ce qu’on apporte à Karl ne correspond pas à ce qu’il désirait sans l’exprimer, Karl s’en prend à Nathalie et la traite d’incapable.
Dimanche – 3:15 pm
Karl entre dans la suite qui a été aménagée à son intention.
Dimanche – 3:18 pm
Karl ressort de la suite. La décoration ne lui plaît pas, il aurait aimé « quelque chose de moins pompier ».
Dimanche – 4:08 pm
L’équipe de décoration quitte la suite, entièrement refaite. Karl trouve ça « enfin habitable » et fait signe à ses assistants d’y installer ses 250 kg de malles Vuitton.
Dimanche – 6:08 pm
Karl s’est refait une beauté, et me reçoit dans sa suite pour une interview filmée. Il demande aux cameramen d’enlever leurs chaussures avant d’entrer. Karl me complimente sur mon teint et ma robe Fendi, mais dit qu’il faudrait vraiment que je fasse quelque chose pour mes cheveux.
Nathalie nous sert à tous les deux un verre d’eau minérale Châteldon. Karl trouve l’eau trop fraîche et engueule Nathalie en lui demandant si elle tient vraiment à ce nous nous ruinions l’émail des dents.
Après quelques palabres d’usage, nous répondons tous les deux à des questions de journalistes, apparaissant sur des écrans télé en duplex d’on ne sait où. C’est à ce moment que Karl, comme je vous le disais dans un post précédent me sauve la mise face à une question vicelarde, en concluant sa réponse avec ces mots superbement flatteurs, que je réécris ici parce que je ne m’en lasse pas : « Matsya est une créature de rêve, mais pas une rêveuse ».
J’ADORE Karl. C’est vrai, il peut être l’homme plus pénible de la Terre. Mais un compliment comme ça, de la part d’un mec comme ça, ça fait oublier tout le reste.
(ou, tout du moins, c’est ce que je pensais AVANT… vous comprendrez bientôt)
Dimanche – 7:45 pm
Repas en privé Top-VIP avec Karl et Dick Richardson.
Karl mange 25 g de tempura de courgette et une compote de poires, en nous racontant à quel point, malgré son amour pour la cuisine japonaise, il abhorre les voyages au Japon, où la foule cherche constamment à le toucher. Or, Karl n’exècre rien plus que le contact physique avec les humains.
A l’exception des enfants, bien sûr, que Karl déteste plus que tout.
Dimanche – 8:45 pm
Mon iPhone sonne sur la ligne d’urgence. Départ dans 45 minutes pour un stage de survie en Alaska. C’était la petite surprise du chef…
Je supplie Karl de venir avec nous.
- Karl, tu nous accompagnes, j’espère ? Je parie que tu n’es jamais allé en Alaska !
- Tu sais, Matsya, me répond-il, pour rester inspiré par un endroit, une ville ou un pays, mieux vaut parfois ne pas y aller.
- Allez, Karl, s’il te plaît !
- Si vous me permettez, Karl, intervient Dick avec son accent le plus oxfordien, nous pouvons tout à fait nous arranger pour affréter un avion qui vous permettrait de revenir à San Jose quand bon vous semblera. Nous vous ferons arranger un compartiment privatif. Et vous ne serez, bien entendu, aucunement tenu de vous livrer aux exercices de survie que nous autres devrons subir. Je me suis laissé dire que les montagnes d’Alaska étaient uniques au monde par leur beauté sauvage.
- Karl, dis ouiii !!!
Karl se lève et claque dans ses mains pour appeler ses assistants :
- Jean-François, Bérangère, Pierre-Arnauld, Inga… et toi… euh… Machine-Chose ! (il parle de Nathalie, bien entendu)
Tous accourent, au garde-à-vous.
- Hé bien ne restez pas plantés là ! Vous n’avez pas entendu ? Nous partons en Alaska !
[la suite très bientôt ! Bises. M.]

Au passage mes hommages Madame.