[The Oakland Press] Dora Rawlings : les recherches continuent, les rancoeurs s’accumulent
Par Service Presse MarsNeedsWomen Inc.
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La ville d’Auburn Hills retient son souffle en attendant les résultats des fouilles visant à retrouver Dora Rawlings, disparue jeudi dernier lors du terrible accident spatial qui a eu lieu à Baikonour, Kazakhstan. Suite à l’échec des recherches par l’armée russe, les Etats-Unis ont dépêché sur place une unité spécialisée dans les secours en zone de conflit. Selon le lieutenant Kent Morton, qui dirige les opérations, les chances de retrouver une victime vivante plus de neuf jours après un accident de cette ampleur seraient « proches de zéro ».
Originaire d’Auburn Hills, Dora avait fait la fierté de la communauté en étant sélectionnée parmi plus de dix mille candidats pour faire partie de la première expédition sur Mars. Si elle venait à disparaître, ce serait une terrible nouvelle pour les nombreux fan clubs qu’elle compte dans la région. Noemi Eddings, élève de troisième et présidente de Dora On Mars, le plus actif et le plus important d’entre eux (1200 membres), commente : « Dora est un exemple pour nous toutes. C’est une femme brillante, intelligente. Elle se bat. Beaucoup d’amis à moi se sont remis à travailler dur à l’école, dans l’espoir de devenir comme elle un jour. Avec mon groupe d’amies, nous nous retrouvons tous les jours, et nous prions ensemble pour que Dora ait survécu ».
A l’inverse, la chanteuse Matsya, à l’initiative de l’expédition martienne et rescapée de justesse de l’explosion, semble perçue par certains comme responsable de l’accident. « Nous en voulons terriblement à Matsya d’avoir mis en danger la vie de Dora », s’indigne Noemi Eddings. « Si Dora mourait, jamais nous ne pourrions le pardonner à Matsya ». Dans une interview exclusive donnée hier, Patricia Rawlings, mère de Dora et membre du conseil municipal d’Auburn Hills, partageait avec nous, non seulement son inquiétude pour sa fille, mais également sa détermination à engager une action en justice si la responsabilité des organisateurs venait à être établie. « Mon époux et moi-même avons engagé notre propre service d’investigation, et nous sommes déterminés à ce que lumière soit faite sur cet accident. Nous n’avons pas l’intention de laisser cette Matsya et ses amis russes nous raconter des sornettes. Au moindre début de preuve, nous attaquerons devant les tribunaux ».
Même si les proches de Dora Rawlings et ses admirateurs veulent garder espoir, chacun se prépare à l’éventualité qu’elle ne revienne pas. Certains auraient même presque tendance à l’enterrer prématurément. « Nous avons prévu une marche silencieuse dans deux semaines », annonce Noemi Eddings. « Nous sommes convaincus que des milliers de personnes aimeraient se joindre à nous pour célébrer la mémoire de Dora ». Le réalisateur Greydon Clark, lui aussi originaire du Michigan, voit quant à lui dans la vie de Dora Rawlings « une formidable idée de film : l’histoire fascinante d’une femme brillante et idéaliste mais éblouie par ses rêves de conquête de l’espace, tombant sous l’influence d’une femme gourou aussi dangereuse que mégalomane, et finissant par le payer de sa vie ». Peut-être existe-t-il encore une chance pour que la réalité dépasse la fiction, mais celle-ci semble de jour en jour plus mince.
Encadré : Une élève « attentive, à la volonté sans faille »
Avant qu’elle n’intègre le MIT, Dora Rawlings a vécu à Auburn Hills et effectué sa scolarité dans le comté d’Oakland. Soeur Muriel Fajardo, ancienne mère supérieure de la Marian High School à Bloomfield Hills, où Dora a été scolarisée de la sixième à la terminale, se souvient d’une élève « analytique, très attentive, au bulletin scolaire impeccable ». Cependant, plus encore que par ses bonnes notes, c’est par ses performances dans le domaine sportif que Dora Rawlings a marqué les mémoires.
« Notre école accorde une importance toute particulière au sport », poursuit Soeur Fajardo. « Nous sommes au moins aussi fières des accomplissements sportifs de nos élèves que de leur réussite sur le plan académique. Nulle autre personne n’incarne mieux cet idéal d’excellence que notre Dora ».
Soeur Edwina Ciotoli, qui enseignait le sport à l’époque, se souvient : « Quand elle nous a rejointes en sixième, Dora était une grande gamine maladroite. Elle partait avec un retard considérable sur ses camarades. A douze ans, elle savait à peine nager. Elle avait des problèmes de coordination. Mais elle a fait preuve d’une détermination très inhabituelle pour une enfant de cet âge. Rien ne l’arrêtait. A l’époque, ses copines se moquaient d’elle parce qu’elle retournait s’entraîner toute seule après les heures de cours. Pour ma part, j’ai été touchée par son caractère très volontaire, et je l’ai prise sous mon aile. Cependant, j’étais très loin de m’imaginer l’extraordinaire potentiel de cette enfant. En classe de troisième, elle était capitaine de l’équipe de volley ball. Et en terminale, elle devenait championne du Michigan de triathlon ».
Dora figure aujourd’hui en place d’honneur dans le Hall of Fame de la Marian High School, et certains des records établis par elle il y a près de dix ans restent encore à battre. Nul doute : elle était la candidate idéale pour aller sur Mars. Peut-être sa légendaire ténacité lui aura-t-elle permis de survivre à l’explosion qui a, jeudi dernier, totalement balayé le pas de tir de Baikonour.
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